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ASTERIX ET OBELIX : MISSION CLEOPATRE
France, 2001, de et avec Alain Chabat ainsi que Jamel Debbouze, Alain Chabat, Monica Bellucci, Gérard Depardieu, Christian Clavier ...
Pïtch : Dans le palais pharaonique de Cléopâtre, César provoque la reine d’Égypte. A bout de nerfs, elle lance un défi a priori irréalisable pour l’empereur romain : construire le plus beau des palais, et en trois mois seulement ! L’architecte de Cléopâtre, Numérobis, est dans l’embarras. Deux opportunités s’offrent à lui : soit il s’exécute, mène à bien son projet et réussit, soit il sera jeté vivant aux crocodiles... Pour parvenir à ce résultat « abracadabrantesque », il lui faudrait les pouvoirs surnaturels d’un mage ! Ça tombe bien, il connaît Panoramix, célèbre druide gaulois. Avec l’aide d’Astérix et Obélix, ils vont ensemble devoir lutter contre le temps, les mauvais coups des Romains et surtout déjouer les tours d’un autre architecte, Amonbofis, un être machiavélique...

 

La bd, c'est le film

    Nous nous attendions au pire en allant voir Asterix et Obelix : mission Cléopâtre, le premier film de Claude Zidi étant un navet navrant (quelle allitération !!!). Avec ses effets spéciaux nationaux humiliants (incrustations approximatives, animation à peine digne d'une playstation), un Clavier terriblement horripilant nous refaisant le coup d'un Jacquouille bis, ajoutez à cela un scénario qui accumulait les répliques d'une niaiserie inexcusable et le sujet traité de haut, on comprend pourquoi Astérix premier du nom était une infâme bouse, une insulte à Gosciny et Uderzo (la scène du conseil des druides dans la foret était une horrible trahison, qui plus est d'une rare insolence !).

    Bref, mieux valait se revoir les dessins animés en boucle (Astérix chez les bretons, Les douze travaux, Le coup du menhir...), dix fois mieux rythmés et fidèles à l'esprit bd de notre gaulois national. Car, il faut bien le dire, l'échec cuisant de Zidi résidait justement sur le fait qu'à aucun moment il ne semblait prendre en compte l'héritage bdesque de son héros, pour plutôt rendre son film le plus exhaustif possible (il n'hésitait pas à entremêler plusieurs intrigues d'albums différents, grossière erreur).

    Alain Chabat a eu une démarche différente et fort plaisante. Tout d'abord, il a choisi d'adapter une et une seule bd tirée de la collection, Astérix et Cléopâtre. Ce qui lui a déjà évité d'obtenir un fourre-tout brouillon. La ligne narrative étant déjà toute tracée dans le bouquin, Chabat n'avait plus qu'à la réactualiser, et évidemment y coller son humour décalé mais jamais à contre courant de l'esprit de Gosciny. Son film affiche dès le départ des ambitions toutes autres puisque le scope fera office de vignette ; oubliée la roublardise de Zidi et son culot de filmer le tout dans un exaspérant 1:85 (un film de campagnard, vous dis-je). Après vérification avec la bd que nous possédons tous, nous pouvons vous assurer qu'Alain Chabat a parfaitement réussi son pari d'adaptation. La bd c'est le film tout simplement. Évidemment, Chabat a rajouté plein d'anachronismes succulents (ce qu'adorait faire Gosciny d'ailleurs), et le tout est rythmé à la baguette. 

    Sans être une avalanche de rire, l'Astérix de Chabat a au moins l'avantage de nous être parfaitement sympathique, ce qui lui permet de remporter notre adhésion. Et Clavier a enfin laissé derrière lui les gimmicks de Jacqouille, on souffle ! Mieux, on ne s'attendait pas à un tel dépaysement, à un tel culot parfois (la scène de la pyramide avec les yeux en dessins animés, la parodie bien amenée de Star Wars avec Dieudonné). Sans oublier de savoureux seconds rôles : Edouard Bear. Jamel Debouzze, lui, dans le rôle du petit architecte débordé Numerobis est enfin crédible et laisse ses tics "cités" au vestiaire, Chabat est égal à lui-même, les pharaoniques décolletés de Monica Belluci (merci les plongées) n'attendent que vos yeux et Gerard Darmont en fait des tonnes. Sans oublier une scène de kung-fu pompée dans son ouverture au plan près au The Blade de Tsui Hark (plongée avec zoom sur la figure du héros, contre plongée avec travelling avant laissant apparaître l'adversaire). Succulent. 

    Pour toutes ces raisons Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre est un film infiniment supérieur sur le plan cinématographique (et tous ses petits clins d'yeux à la bd qui donne toute sa saveur, Obélix baffant jusqu'à plus soif un espion, les oreilles du casque d'Astérix qui se dressent lorsqu'il se fait embrasser). Évidemment, le film reste ce qu'il est, à savoir qu'il ne faut surtout pas l'ériger en monument burlesque qu'il n'est pas, mais il aurait été tellement facile de retomber dans la caricature du premier opus que l'on ne peut que se réjouir devant cet honnête spectacle. Seul bémol de ce nouveau chapitre, on a l'impression d'assister parfois à un méchoui Canal + (la fin y renvoie directement), ce qui pourrait créer une antipathie envers le film. Pour le reste, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre prouve ce que nous savions depuis très longtemps, c'est une sympathique bd. Cédric Gentaz

 

 

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