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AMOUR D'ENFANCE
France, 2001, de Yves Caumon, avec Michèle Gary, Lauryl Brossier, Mathieu Amalric...
Pitch : Appelé au chevet de son père malade, Paul, 28 ans, revient pour la première fois depuis longtemps chez ses parents, qui vivent dans une ferme. Immergé soudainement dans le monde de son enfance, il retrouve ceux qu’il a jadis connus : ses parents, ses voisins, son meilleur copain Thierry, devenu le petit ami d’Odile, pour qui Paul était à l'époque le prince charmant. Généreux, Paul commence à remplacer son père dans la vie de tous les jours à la ferme et dans les champs. Même si son travail l’attend, plus le temps passe et moins il se décide à partir, se sentant coupable d’avoir abandonné les siens. Dans des paysages qui ne lui sont plus si familiers, Paul part à la recherche du temps perdu...

 

Le bonheur est-il dans le pré ?

    Le film d'Yves Caumon a le goût amer des souvenirs pas toujours agréables, un peu comme un bonbon appétissant qu'on vous donne mais qui laisse un goût curieux dans la bouche.

    Paul, vingt-huit ans, revient chez ses parents, il ne revient pas comme le fils prodigue, les retrouvailles sonnent faux. Il est un peu le fils ingrat qui ne revient pas souvent, mais cette fois son père est mourant. Paul a un peu oublié d'où il vient, enfin il croit avoir oublié, mais en revoyant Thierry, le copain des 400 coups et Odile la petite sœur de l'amour d'enfance, de retour chez lui, Paul pense s'être trompé en partant, peut-être le bonheur était-il ici ?

    C'est un film sur le retour d'un homme de trente ans sur son passé à un moment où il se demande si le choix qu'il a fait à vingt ans était le bon. Pressé de rattraper le temps perdu, Paul devient maladroit.

    En fait, Paul pensait retrouver son monde inchangé un peu à l'image de sa chambre d'adolescent. On peut même imaginer qu'Odile ressemble à sa sœur aînée et ainsi Paul retrouve son amour d'enfance inchangé un peu comme si le temps ne s'était pas arrêté. Mais tout le problème est là, le monde change et donc forcément la campagne aussi. A petites touches, Yves Caumon montre la réalité de la campagne, les fermes meurent et on construit des lotissements dans les villages. Il n'y a pas d'amertume dans le propos juste un constat.

    Tout comme le propos du film, la mise en scène d'Yves Caumon est discrète, il nous laisse nous installer dans l'histoire, ne répond pas à toutes nos questions, ne nous donne pas toutes les clefs. Pas question non plus pour lui de se poser en juge. Yves Caumon nous livre ici une histoire terriblement humaine, humaine comme les sentiments qui unissent Paul à ses parents. Le réalisateur est tendre avec son personnage tout en pointant ses défauts : oui, Paul ne se conduit pas toujours très bien, mais comme le dit Caumon lui-même, il n'est pas le fils "complètement indigne".

    Entre gêne et amour maladroit, Mathieu Almalric nous régale d'une interprétation surprenante loin de ses personnages habituels de trentenaire parisien. Avec ses airs de Pierrot lunaire Amalric rentre peu à peu dans la peau de Paul, et reprend doucement contact avec l'illusion de son enfance.

    On retiendra également une très belle photo et une musique qui sait ne faire qu'une avec le film qui font de ce film une très bonne nouvelle. Un grand premier film. Frédéric Billion

 

Yves Caumon a aussi réalisé cinq courts métrages : (1989, 12'), L'ami de la famille (1991, 37'), Il faut dormir (1996, 26'), La beauté du monde (1998, 53'), Les filles de mon pays (1999, 30', Prix Jean Vigo)

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  Écrans pour Nuits Blanches