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photo du dernier film de Woody Allen avec Helen Hunt : The Curse of the Jade Scorpion (2001)
L'œuvre de Woody Allen Comédien, auteur et cinéaste,
Woody Allen poursuit depuis plus de trente ans une œuvre parmi les plus
originales, les plus riches et les plus abouties dans l'histoire du septième
art. Il me parait donc bien difficile de la parcourir en quelques lignes, et je
me sens plutôt néophyte pour la présenter à sa juste valeur donc vous
excuserez (je l'espère) l'esprit de synthèse avec lequel j'ai écrit cet
article... Woody Allen nous offre à ce jour trente films dont il est l'auteur
complet, pour la plupart des comédies mais aussi quelques films plus graves.
Tous ont ce point commun d'être extrêmement personnels et issus de ses réflexions,
de sa "philosophie" de la vie qu'il sait si brillamment exprimer en
s'aidant de ce qu'il sait faire le mieux: susciter le rire. Suivant comme toujours son instinct, Woody Allen choisit de tourner en noir et blanc son film suivant, à nouveau inspiré de sa vie, Manhattan (1979), cela pour traduire tout l'amour qu'il porte à sa ville fétiche et s'accorder davantage aux sentiments des protagonistes. Le public (français surtout et parisien en particulier) fit un triomphe au film, tout comme la critique qui lui décerna le César du meilleur film étranger. Allen devait réutiliser plusieurs fois le noir et blanc par la suite, pour Stardust Memories (1980), clin d'œil au Otto e Mezzo (Huit et demi, 1963) de Fellini, Zelig (1983) où un homme (W. Allen) possède le don de s'identifier à ceux qu'il côtoie, puis pour Shadows and Fog (Ombres et brouillard, 1991) et Celebrity (1998). A partir de Midsummernight's Sex Comedy (Comédie érotique d'une nuit d'été, 1982), double référence à Bergman et Shakespeare, Mia Farrow devint pour dix ans la nouvelle compagne et muse du cinéaste, qui la dirigea notamment dans deux de ses plus grandes réussites, Purple rose of Cairo (La rose pourpre du Caire, 1985), réflexion nostalgique sur la fascination qu'exerce le cinéma (César du meilleur film étranger) et Hannah and her Sisters (Hannah et ses sœurs, 1986), ou la chronique, sur deux années, de la vie d'une famille, ponctuée par le repas de Thanksgiving. Il revint également dans les années 80 à des comédies légères, plus proches de l'esprit comique de ses premières oeuvres: Broadway Danny Rose (1984) ou Radio Days (1987), et plus tard Small Time Crooks (Escrocs mais pas trop, 2000). Woody Allen continue de tourner avec une régularité unique (un film par an, un rendez-vous devenu incontournable...), épaulé pour cela par des collaborateurs fidèles qui savent répondre à ses désirs comme les directeurs de la photographie Gordon Willis et Carlo Di Palma, aidé par des vedettes comme Alan Alda, Anjelica Huston, Judy Davis qui travaillent souvent avec lui, d'autres comme Gene Hackman, John Malkovich, Julia Roberts, Billy Crystal, Sean Penn qui acceptent avec enthousiasme de tourner au moins une fois sous sa direction et pour un salaire très inférieur à leur cachet habituel. Le public français aussi lui apporte toujours son soutien: même si les dernières oeuvres de Woody Allen semblent mineures pour ses fans inconditionnels, les spectateurs sont loin de bouder leur plaisir, par exemple devant le mordant de la comédie policière Manhattan Murder Mistery (Meurtre mystérieux à Manhattan, 1993) ou la gaieté qui imprègne la comédie musicale Every One Says I Love You (Tout le monde dit I love you, 1996). Allen ne fait jamais un film en se fixant comme but de plaire au public: "Je crois que le metteur en scène fait, avant tout, son film pour lui [...]. Quand je dis qu'il faut le faire pour soi, ce n'est pas par mépris du public. Mais je crois que si vous faites un film qui vous plaît, et que vous le faites bien, alors il plaira aussi au public, ou du moins à une partie du public " (id). C'est ainsi qu'il se fait plaisir en mettant enfin en lumière sa passion pour le jazz dans Sweet and Lowdown (Accords et désaccords, 1999). Pour conclure, laissons le nous dire le film qu'il préfère de toute son oeuvre: "Je pense que le meilleur reste Husbands and Wives (Maris et femmes, 1992), c'est en tout cas le plus personnel " (Ciné Live n°10, février 1998). Témoignage direct des raisons de sa rupture avec Mia Farrow, cette comédie dramatique mettant en scène deux couples qui se remettent en cause chacun de leur côté fut tourné caméra à l'épaule, de façon très nerveuse, avec des imperfections techniques contribuant au style documentaire voulu par le cinéaste. Et Woody Allen d'ajouter modestement: "Mais je déteste revoir mes anciens films: je vois immédiatement ce qui ne colle pas et je voudrais pouvoir tout recommencer.[...] Alors plutôt que de me rendre malade, je m'abstiens " (id) ! Emmanuel Coll
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