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ALEXANDRIE... NEW YORK
Égypte/France, 2004, de Youssef Chahine, avec Mahmoud Hemedia, Yousra Lebleda, Ahmed Yehia, Youssef El Lozy, Lébléa... 
Pitch : A l’occasion d’un hommage qui lui est rendu à New York, Yéhia, réalisateur égyptien, retrouve Ginger, son amour de jeunesse. Ils avaient dix-neuf ans. Le rêve américain était le virus du siècle. Yéhia l'Alexandrin et Ginger l'Américaine étudiaient dans le plus prestigieux institut d’art dramatique, en Californie. Ils s’étaient juré un amour éternel. Quarante ans après, ils se retrouvent, le monde a changé, le rêve américain s’est transformé. Tout les sépare mais pas tout à fait car Yéhia découvre que Ginger lui a donné un fils… américain. 

 

Le mauvais fils... américain

"Le bonheur, c'est de savoir qu'on appartient aux autres"

    Le dernier film de Youssef Chahine permet au réalisateur égyptien de régler ses comptes avec un vieux rêve et mirage, l'Amérique, mais aussi de dresser le bilan de son parcours sans s'épargner le moins du monde. Si Alexandrie... New York boucle une trilogie entreprise avec Alexandrie... pourquoi ? et poursuivit avec Alexandrie, encore et toujours, le film livre le regard amer d'un artiste qui a toujours cherché à donner le meilleur de lui-même à travers ses oeuvres. On le sait depuis longtemps, Youssef Chahine en fait toujours trop. Mais si la chose s'apparente à un pêché mignon, elle définit aussi un style d'une maîtrise absolue qui a défini une véritable marque de fabrique. Les exagérations de Chahine ne gênent pas puisqu'elles sont toujours nuancées par une savante subtilité. 

    A travers sa vision et son désir d'Hollywood, Chahine a fini par créer un mythe qui ne l'a pourtant jamais poussé à manquer de discernement. Le personnage de Yéhia, hétéronyne du cinéaste, indique que chacun de ses films est hanté par la même question : "est-ce que l'autre compte pour nous?" La réponse personnelle de Chahine se trouve évidemment dans ses films où l'autre occupe une place primordiale. Comment pourrait-on se construire sans l'autre ? De son côté, l'Amérique actuelle fait une totale négation de cet autre, allant jusqu'à la manipulation pour le nier. 

    L'amour que désire donner Yéhia va parfois jusqu'à l'aveuglement : il ne voit pas qu'il impose son égocentrisme autour de lui, se sentant trahi s'il n'obtient le répondant attendu. Son épouse finit par s'effacer dans son ombre, gardant pour elle-même ses propres frustrations (elle n'a pu donner un enfant à son mari). De cet amour pour l'Amérique, Chahine dessine une métaphore en inventant à Yéhia un fils obtenu avec Ginger, son amour d'adolescence et maîtresse d'une nuit. Alexandre, fruit de cet amour le refuse ou du moins ne le comprend pas. Habilement, Yéhia indique qu'il comprend ce refus et l'accepte, comme si la volonté de Dieu ne pouvait qu'être acceptée. 

    A travers Alexandrie... New York, Youssef Chahine n'atteint certes pas la grâce de L'émigré, sans doute son meilleur film avec Le destin, mais ordonne dans de multiples séquences d'anthologie (musicales ou non) son propre mythe. Face à cette maestria, l'on ne peut que s'incliner et conclure en citant le titre de son précédant film : Silence... on tourne. Anne Ségolène

 

 

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quelques sites pour poursuivre la route

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