CINÉMA

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ALEXANDER (ALEXANDRE)
U.S.A., 2004, de Oliver Stone, avec Anthony Hopkins, Colin Farrell, Angelina Jolie, Val Kilmer, Jared Leto, Jonathan Rhys Meyers...
Pitch : Alexandrie, IVe siècle avant Jésus-Christ. Ptolémée, fidèle compagnon d'armes d'Alexandre le Grand, conte à ses disciples la vie du conquérant qui a fait sien le monde en quelques années. Son histoire bascule lorsqu'il est âgé de vingt ans. Son père est assassiné mystérieusement et de fait, il devient roi de Macédoine. Alors que des soupçons pèsent sur sa mère, Alexandre est tourné vers son destin, vers les conquêtes et les dangers qui s'ouvrent à lui. Il veut s'inscrire dans une lignée mythologique dont il est imprégné par l'éducation maternelle et l'enseignement d'Aristote. Alexandre a soif de pouvoir et sa route passe par l'Orient...
 
 

La marche de l'empereur

Philippe à Alexandre :"Les hommes s'élèvent et tombent"

    Oliver Stone est décidément un cinéaste avec qui l'on n'a pas fini de compter. Sans pour autant réussir tout ce qu'il touche, il faut au moins lui reconnaître une ambition folle, un esprit citoyen radical et passionné, engagé viscéralement dans ses oeuvres. En gestation depuis un bon nombre d'année (plus de 20 ans), la course au tournage de Alexander fut longue et éprouvante. Baz Lurhmann (la catastrophe n'était pas loin) s'étant révélée pendant un moment comme concurrent direct dans le défi de porter à l'écran l'épopée de l'un des plus grands stratège militaire de l'Histoire qui changea la face du monde. 

    Bide imposant au box office américain, les foudres de la critique ne se sont pas fait attendre, aussi bien là-bas que chez nous, lui voyant des élans bushistes impérialistes. Ce serait mal connaître le réalisateur, homme de principe - démocrate qui connaît le prix des guerres pour avoir servi au vietnam. Le film de Stone méritait-il donc un tel traitement ? Assurément non.

    Connaissant ses facilités à pencher vers la nervosité intrinsèque de ses oeuvres, le résultat surprend devant le calme qu'il impose dès le départ, avec une narration fort bien construite (mais qui fera sûrement débat) à travers le personnage témoin de Ptolémée, conduisant à transmettre la légende du conquérant pour les générations futures. Le cinéaste s'engage ainsi à construire intimement son personnage à travers ses rapports Oedipien avec Olympias et Philippe, ses parents. Mais ce metteur en scène qui a toujours su combiner la petite histoire avec la grande va plus loin, n'oubliant pas de fusionner le tragique au versant mythologique, ne cessant de se référer à l'Iliade et Achille à travers l'enseignement d'Aristote et l'influence de ses père et mère. 

    Ce qui souleva une stupide controverse, plus que tout autre chose, est bien entendu le traitement réservé à la bisexualité de l'empereur. Belle preuve de manque d'ouverture d'esprit du public à l'aube de ce siècle, ne retenant que l'amitié bien virile mais sincère entre Alexandre et Héphaïstos et faisant impasse sur le reste. Pourtant, avant toute chose, ce néo-péplum vole cent coudées au-dessus de ce qui nous a été permis de voir ses dernières années, laissant loin derrière les prétentions "mélo" du Gladiator de Ridley Scott, le "mou du bide" Troy de Wolfgang Petersen et le pompeux King Arthur de Antoine Fuqua. 

    Invitant à une gigantesque épopée ethnique (l'hellénisme des Barbares), jouant sur la sensation physique des éléments (pluie, moiteur, vent, neige, ou chaleur), Stone ne se prive pas de son style "rentre dedans" dès lors qu'il s'agit de faire ressentir les batailles de mastodontes. Deux pour être plus précis, celle dans le désert de Gaugameles, modèle de montage entre variation serrée intestine du conflit et plan aérien gracieux, pur moment détaché à la topographie claire. S'y oppose, la seconde, emplie de bruit et de fureur en Inde et en forêt, véritable bourbier exigu sanglant mais non dénué d'élégie (le rose écarlate surréaliste). 

    N'oublions pas ce moment foudroyant où Alexandre s'élance seul contre un éléphant ! Les corps tendus des forces opposées semblent être pris en joute près à plier sous l'écrasante iconisation de l'instant (une tapisserie dantesque). Fresque épique aux qualités insoupçonnées, Alexander est un film taillé à hauteur du personnage, luttant contre ses doutes, sa promise destinée, sa folle démesure et sa recherche de la déité. Plus que tout, Alexandre n'en reste pas moins déchiré entre ses hommes et les Dieux. Cédric Gentaz


 

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quelques sites pour poursuivre la route

www.filmdeculte.com  Hkcinemagic  http://analysefilmique.free.fr  www.revue-eclipses.com  Écrans pour Nuits Blanches