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JANGHWA, HONGRYEON (2 SOEURS)
La peur n'était pas au rendez-vous Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle Si Printemps, été, automne, hiver... et printemps, du cinéaste coréen (du Sud) Kim Ki-Duk, fut l'un des enchantements de ce premier semestre 2004, 2 sœurs, réalisé par Kim Jee-Woon, un autre coréen du Sud, s'impose comme une véritable punition. Apprendre de plus qu'il fut couronné du Grand Prix au festival fantastique de Gerardmer 2004 doit laisser tout mort-vivant dubitatif pendant qu'il nous enjoint, nous pauvres mortels, à l'éclat de rire. Rire qui disparaît pourtant rapidement durant les deux pénibles heures d'un film à l'allure brouillonne et rapidement consternante. Tout avait pourtant bien commencé. A travers son traitement clinique, la séquence d'ouverture de 2 sœurs laissait présager le meilleur. Le mystère était installé sur le silence d'une adolescente recroquevillée sur elle-même, le visage masqué par ses mèches à l'image de sa mystérieuse douleur. Le film affiche pourtant au fil de son déroulement une obsession qui pourrait se résumer par un slogan populaire qui a fait long feu : "cheveux longs, idées courtes." L'on ne peut guerre aller plus loin ou offrir davantage à l'apparente galéjade réalisé par Kim Jee-Woon. Se présentant comme un patchwork, piétinant malencontreusement les plates bandes du Shining de Kubrick (la maison est ici également vue comme un esprit dérangé), celle de L'exorciste (fastidieuse invitation à la lévitation... le spectateur commence à ce moment à trouver le film très humoristique... mais à ses dépens) pour finir dans un maelström propre à David Lynch, le film de Kim Jee-Woon se départit de toute personnalité. Faisant d'autre part péniblement écho à l'Heavenly Creatures de Peter Jackson et à l'univers (raturé ici) de M. Night Shyamalan, le réalisateur coréen finit de noyer son propos. La mise en scène est bavarde et le choix des plans souvent superflus. Le film aurait de plus gagner énormément en s'achevant beaucoup plus tôt, par exemple à l'issue de la séquence où le père de Su-Mi lui rappelle que sa sœur est "déjà" morte. Dans 2 sœurs, Kim Jee-Woon déploie finalement sa batterie de poncifs. L'on a bien sûr droit à l'exercice du double, aux effets de spéculum et aux braillements adolescents qui ne font que sortir le spectateur de son assoupissement. Remarqué avec son segment dans Les trois histoires de l'au-delà, le réalisateur coréen consterne ici son spectateur, pourtant désireux d'avoir peur mais contraint d'éprouver l'envie que le film, comme sa partition musicale sirupeuse, s'achèvent. Au sortir de la salle, l'espoir ne semble pourtant pas perdu à tout cinéphile qui se respecte puisque le 23 juin sort sur les écrans français un nouveau film issu de Corée du Sud, Memories of Murder de Joog-Ho Bong. Décidé à patienter quelques jours, le spectateur peut quitter nonchalamment le cinéma, rejoint par quelques vers de Baudelaire que lui inspire le navrant 2 sœurs pour lequel il avait pourtant, à l'origine, beaucoup d'espoir. Michel Marques
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